6.1 Taux d’application (théoriques et recommandés)
Une efficacité accrue de l’application peut améliorer le contrôle phytosanitaire et réduire à la fois les coûts des pesticides pour l’exploitant et les répercussions sur l’environnement. Il s’agit de pulvériser moins de produit pour obtenir au moins un résultat équivalent, tout en réduisant les résidus. Cependant, seules les opérations de pulvérisation les plus sophistiquées sont accompagnées de certaines tentatives de contrôle des divers facteurs qui affectent le dépôt du produit sur la culture.
Dans la pratique, le petit cacaoculteur peut au mieux estimer le nombre d’arbres traités par réservoir plein (voir les sections sur l’étalonnage ci-dessous). On réalise rarement à quel point les pratiques habituelles d’application sont inefficaces sur les cultures. Les travaux de Winteringham [1] ont souligné l’inefficacité du transfert de dose sur la cible biologique ; durant l’application de lindane sur des mirides du cacaoyer, seulement 0,02 % de la quantité totale sortant du réservoir atteint la cible biologique. Dans des cas exceptionnels, l’efficacité peut atteindre 30 % pour des herbicides pulvérisés sur les mauvaises herbes ; même dans les meilleures conditions, environ 70 % du mélange pesticide est gaspillé !
En règle générale, l’expérience montre que pour la plupart des opérations de pulvérisation, l’étalonnage le plus efficace est axé sur le taux du volume d’application (TVA). En mélangeant une quantité connue de la formulation pesticide, une posologie précise est appliquée sur la zone cible (un groupe d’arbres, un champ, etc.). Il est important de faire la distinction entre posologie et dose : la dose est la quantité exacte de substance administrée à un organisme individuel (p. ex., au cours d’un biodosage). Le TVA en lui-même a un effet limité sur la qualité du dépôt, qui dépend des divers facteurs d’interaction indiqués ci-dessous. Il en découle qu’un taux de dilution approprié de la formulation pourrait être calculé de façon à obtenir avec précision une posologie donnée par arbre ou à l’hectare.
Dans la pratique, les opérateurs font rarement de tels calculs. La lecture de l’étiquette des produits est loin d’être courante, mais l’étiquetage demeure la source d’information la plus utile pour les exploitants et les opérateurs d’application. Toutefois, même les taux d’application indiqués sur l’étiquette peuvent être imparfaits si plusieurs types de pulvérisateur sont utilisés sur une parcelle, car il est généralement présumé qu’un TVA donné (souvent très élevé) sera utilisé. Pour la culture d’arbres tels que le cacaoyer, l’étiquette du pesticide donnera un taux d’application sous la forme d’une concentration recommandée du mélange en cuve ; un étiquetage plus judicieux peut également fournir des conseils d’application utiles.
Mais cette étiquette déplorable figure sur le flacon d’un insecticide dangereux (de classe I) qui a maintenant été supprimé. Bien que les pictogrammes (en bas de l’étiquette) indiquent qu’il est nécessaire de porter des vêtements de protection, l’opérateur dessiné juste au-dessus de ces symboles utilise un pulvérisateur pneumatique à dos mais ne porte ni un masque facial, ni un serre-tête antibruit (voir la section 6.5).
L’étiquette du produit constitue le moyen de communication entre le producteur, l’organisme de réglementation et l’exploitant (ou celui/celle qui le conseille). En tant que tels, ces étiquettes sont essentielles et doivent donc faire partie intégrante de l’examen réglementaire. Les organismes nationaux de réglementation ont des politiques d’étiquetage et les étiquettes doivent toujours être écrites dans la ou les langues locales appropriées, mais des recommandations internationales sont disponibles sur l’harmonisation des formats d’étiquetage, similaires à ceux des pesticides standards. Un exemple est donné ci-dessous. Il incombe aux organismes de réglementation de déterminer si les informations figurant sur l’étiquette sont compatibles avec les BPA et si un mécanisme est en place pour vérifier la qualité du contenu.
6.1.1 Protection du consommateur, sécurité de l’opérateur et BPA
Avant de terminer la description des étiquettes de pesticides, il est important de souligner combien il est nécessaire de soumettre les produits approuvés à des procédures d’homologation et d’approbation de l’étiquetage rigoureuses. Des consignes nationales sur les pesticides axées sur des produits phytosanitaires recommandés localement sont de plus en plus fréquemment publiées et représentent une source précieuse d’information sur les noms commerciaux, les taux d’applications conseillés pour différentes cultures, etc. Quand cette source d’information n’est pas disponible (ou difficile à obtenir pour les exploitants), un rôle important des gouvernements et ONG de vulgarisation est de fournir de telles consignes dans un format facile à consulter.