6.6 Pulvérisation de masse et prestataires de services
Au Ghana, les campagnes de pulvérisation de masse coordonnées par le gouvernement (CODAPEC) depuis les années 1950, qui comprenaient la fourniture de matériel et la formation des opérateurs de pulvérisation, ont longtemps été considérées comme le meilleur moyen d’application sûre et efficace d’insecticides contre les mirides du cacao. Cependant, cette approche a suscité des préoccupations techniques et il a été suggéré que la pulvérisation de masse n’a pas contribué à améliorer les revenus des cacaoculteurs [1]. Les priorités opérationnelles ont encouragé les pulvérisations saisonnières (généralement d’août à décembre en Afrique de l’Ouest) plutôt que l’utilisation de « seuils d’intervention » pour les populations de mirides, compatibles avec la LAI (voir le chapitre 7). On s’inquiète depuis longtemps du fait que les « recommandations de 1950 sur le calendrier d’application des insecticides doivent être révisées » [2].
En lieu et place de ces campagnes à grande échelle, d’une part, et des efforts des exploitants individuels d’autre part, le concept des prestataires de services de pulvérisation (SSP, pour Spray Service Providers) consiste à fournir une plus grande expertise via la formation et la coopération, par exemple au niveau du district. Ce projet lancé et financé par la Fondation mondiale du cacao et CropLife International s’adresse aux cacaoculteurs en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Nigéria et au Cameroun. Un SSP est généralement un exploitant qui a reçu une formation spéciale pour appliquer des pesticides et qui loue ses services à d’autres exploitants pour traiter leurs cultures. CropLife explique que « l’objectif du réseau SSP est de s’assurer que les pesticides ne sont manipulés que par des personnes formées ; de réduire les risques pour la santé humaine et l’environnement ; de s’assurer que les bons pesticides sont utilisés selon une posologie adéquate pour un contrôle efficace des parasites et une augmentation des rendements ; de planifier l’achat de pesticides et d’éviter l’accumulation de stocks obsolètes ; et d’éliminer en toute sécurité les récipients usagés » [3].