2.2 Risques et dangers
Les pesticides sont souvent qualifiés de « dangereux » ou « à risque », mais ces termes sont parfois employés de façon imprécise, alors qu’ils ont des significations précises :
RISQUE = DANGER (INTRINSÈQUE) x EXPOSITION
L’exposition peut comporter deux aspects : le temps et le degré de contact avec le danger. C’est un concept important qui a été (mal) employé par le passé pour suggérer qu’« il n’y a pas de substances dangereuses mais seulement des façons dangereuses de les utiliser ».
Il peut être utile d’établir une analogie avec les véhicules à moteur. En effet, ceux-ci sont dangereux : beaucoup plus de gens meurent chaque année dans des accidents de la route qu’à cause de toutes les formes d’empoisonnement par les pesticides. Nous courons un risque uniquement lorsque nous sommes exposés aux véhicules (en tant que conducteurs, passagers ou autres usagers de la route) et la plupart des gens sont disposés à prendre ce risque. Certaines voitures sont moins dangereuses que d’autres (ex. selon leurs équipements de sécurité et leur vitesse) et les routes ont des limites de vitesse (réduction du risque). Lorsqu’une personne se trouve loin d’un véhicule à moteur (exposition = zéro), le risque est nul. Sachant que la vie économique doit se poursuivre pour la plupart des gens, l’idée de réduire les risques à des niveaux aussi faibles que raisonnablement possible (ALARA) est plus viable que l’élimination des risques, qui peut être considérée impossible dans la pratique. Évidemment, les critères établis pour définir ce niveau de risque peuvent être politiques et subjectifs.
Il est rappelé aux lecteurs qu’il existe également des risques liés à la culture du cacao en soi. Par exemple, une analyse de la cacaoculture au Ghana [1] a montré que les principaux ravageurs (tels que la pourriture noire) constituent la plus grande menace pour l’offre de cacao, que ce soit parce qu’ils sont une source réelle de perte de récolte ou en raison de la menace d’espèces exotiques envahissantes. D’autres risques pour la production de cacao comprennent le vieillissement des arbres, les fluctuations de prix et l’intérêt suscité par d’autres cultures ou sources de revenus.