3.4.1 Critères des certificateurs

Le principe de précaution est particulièrement bien ancré en Europe (par opposition à l’approche du caveat emptor rencontrée ailleurs, selon laquelle l’acheteur doit faire preuve de vigilance), et il a souvent servi de principe directeur pour limiter l’utilisation de pesticides. Rien n’empêche le principe de précaution de concorder avec les BPA et les principaux adeptes en Europe de cette approche (opposée à l’agriculture biologique) forment un groupe d’organisations nationales associées au sein de l’European Initiative for Sustainable development in Agriculture (EISA - https://www.sustainable-agriculture.org).

Les utilisateurs potentiels doivent connaître les critères d’évaluation des BPA – et en particulier des normes SPS – employés par les systèmes de certification. La prise de décision peut avoir été influencée par d’autres organisations et groupes de pression comme l’Alliance ISEAL (https://www.isealalliance.org/) et le Réseau d’action contre les pesticides (PAN : https://www.pan-europe.info/, https://www.panna.org/), qui contribuent à l’élaboration des listes de pesticides « interdits » ou « proscrits ». Malheureusement, certaines listes ont récemment inclus des substances qui sont actuellement permises dans la cacaoculture et dans les pays de l’OCDE, provoquant un amalgame entre des produits controversés (mais autorisés) et des pesticides obsolètes et hautement dangereux.

Les certificateurs risquent donc d’envoyer des « messages » confus aux exploitants avec les récentes initiatives visant à « interdire » d’importants groupes de MdA sans avoir identifié d’autres techniques de lutte phytosanitaire efficaces et viables. Le groupe de travail ECA/CAOBISCO sur les pesticides a indiqué qu’il était essentiel de se coordonner et d’appuyer les activités des autorités de réglementation pertinentes – qui sont les seuls organismes juridiquement compétents actuellement pour interdire les substances dangereuses.