4.2 Noms et composition des pesticides
D’un point de vue légal, l’étiquette du produit représente l’une des principales méthodes de communication entre une société agrochimique et l’utilisateur. Les mots les plus visibles sur l’étiquette seront généralement le nom commercial (ou nom de marque), et il est bien sûr dans l’intérêt du fabricant de promouvoir sa propre marque de pesticide. Du point de vue de l’efficacité, de la sécurité et des tolérances en matière de résidus, l’ingrédient actif (IA : également appelé substance active) et sa concentration représentent toutefois les éléments les plus intéressants.
L’utilisation courante des noms de marque peut causer une confusion, car :
- Souvent (et de plus en plus), le nom de marque fait référence à un produit qui contient une combinaison d’ingrédients actifs ;
- Il est possible qu’un même produit soit désigné sous des noms de marque différents selon les pays et les langues ;
- Les ingrédients actifs des produits (notamment des produits à succès) peuvent être modifiés au fil du temps ;
- Les noms des composants de la formulation (et les chiffres utilisés dans ces noms) ne sont pas toujours conformes aux normes internationales.
Les étiquettes doivent également fournir la dénomination chimique – selon les règles de nomenclature fixée par l’International Union of Pure and Applied Chemistry (IUPAC) telle qu’adaptée à l’indexation dans les Chemical Abstracts. En pratique, les dénominations communes (pour lesquels il existe des normes ISO) sont généralement employées pour décrire les ingrédients actifs.
Par exemple, l’insecticide pyréthroïde d’usage commun suivant est employé en cacaoculture :
- Dénomination commune (ISO) - lambda-cyhalothrine - un nom plus facile à se rappeler que la …
- Dénomination chimique - de deux stéréoisomères : carboxylate de (S) - cyano-3-phénoxybenzyl (Z)-(1R,3R)-3-(2- chloro-3,3,3-trifluoroprop-1-ényl)-2,2-diméthylcyclopropane et carboxylate de (R)-α-cyano-3-phénoxy-benzyl (Z)- (1S,3S)-3-(2-chloro-3,3,3-trifluoroprop-1-ényl)-2,2-diméthylcyclopropane.
- Les noms commerciaux sont nombreux (notamment maintenant que le brevet du composé a expiré) et comprennent les suivants : « Karaté », « Kung Fu » et « Matador » (des noms utilisés par le même fabricant dans différents pays) [1].
4.2.1 Ingrédients actifs (IA), composition, formulation
Pour les études de toxicologie, la détermination des résidus et l’évaluation de l’efficacité, l’analyse scientifique sera axée sur l’IA, tel que décrit par sa dénomination commune selon l’ISO. Toutefois, les produits pesticides consistent rarement en un matériau technique pur. L’IA est habituellement formulé avec d’autres matériaux et ceci correspond au produit tel que commercialisé, mais il peut être nécessaire de le diluer avant l’emploi. La formulation améliore les propriétés d’un produit chimique à des fins de manutention, de stockage et d’application, et elle peut par ailleurs avoir une influence importante sur son efficacité et son innocuité.
La terminologie relative à la formulation doit utiliser un système conventionnel à 2 lettres (p. ex., GR : granulés) répertorié par CropLife International (anciennement GIFAP puis GCPF) dans le Catalogue of Pesticide Formulation Types (Monographie 2 [2]), également reconnu par la FAO. Certains fabricants continuent de ne pas respecter ces normes de l’industrie, ce qui peut causer une confusion chez les utilisateurs.
Les produits qui sont de loin les plus fréquemment utilisés sont des formulations à mélanger avec de l’eau avant de les appliquer en pulvérisations. Les formulations miscibles à l’eau plus anciennes comprennent les suivantes :
- Concentré émulsifiable EC
- Poudre mouillable WP
- Concentré liquide soluble SL
- Poudre soluble SP
Certaines formulations plus récentes, dont les suivantes, ne se présentent pas sous la forme de poudres et sont caractérisées par une utilisation réduite ou nulle de solvants dangereux et par une stabilité améliorée :
- Suspension concentrée aqueuse SC
- Suspension aqueuse de microcapsules CS
- Granulés hydrodispersibles WG
Dans de très rares cas, certains pesticides (par ex. le malathion) peuvent être vendus à titre de matériau technique (TC, pour technical material – qui est principalement constitué de l’IA mais qui contient également de faibles quantités de sous-produits d’ordinaire inactifs générés durant le processus de fabrication). Les techniques à très faible volume (ULV) employant une solution à base d’huile (UL) ou des formulations en suspension (OF) doivent encore faire l’objet de tests exhaustifs sur le cacao, bien que certaines techniques de brumisation aient été employées dans des pays ayant de grandes plantations cacaoyères. Les DP (poudres) sont aujourd’hui rarement utilisées et connues pour être inefficaces et dangereuses (remplacées par les microgranulés ou MG pour d’autres cultures comme le riz).
Dans l’UE, les matériaux de formulation sont désormais traités dans de nouveaux règlements appelés REACH [3] (CE 1907/2006), conçus pour promouvoir l’utilisation de méthodes alternatives d’évaluation des propriétés dangereuses de substances. L’autorisation a été supprimée pour plusieurs groupes de produits chimiques précédemment utilisés dans les formulations de pesticides (p. ex., agents de surface à l’éthoxylate d’alkylphénol ou APE.