7.2.2 Maladies
Pourriture noire
Lors de nombreuses campagnes agricoles, l’agent pathogène de la pourriture noire Phytophthora megakarya est à l’origine des pertes de rendement les plus marquées en Afrique de l’Ouest, la plus importante région cacaoyère au monde.
Les fongicides alliés aux méthodes de contrôle cultural sont largement employés pour lutter contre cette maladie :
- Les méthodes culturales sont essentielles : une mauvaise aération de la canopée des cacaoyers peut être propice à la maladie, il peut donc être utile d’éclaircir la canopée. Les fongicides ne fonctionneront correctement que s’ils sont associés à une hauteur raisonnable des arbres, et la gestion de la canopée facilite l’inspection des cabosses.
- Un assainissement hebdomadaire consistant à éliminer les cabosses infestées et, idéalement, à les retirer de l’exploitation, réduit le risque qu’elles deviennent une source d’infection secondaire.
- Il est important de remuer la terre autour du tronc des cacaoyers (des tunnels sont souvent construits par les fourmis à la surface du sol près des troncs). Cela permet d’éliminer deux sources de maladie : les spores transportées dans la terre infestée et celles portées par les fourmis elles-mêmes.
- Les fongicides doivent être appliquées selon les méthodes appropriées.
- Les composés de cuivre agissent par contact – une bonne couverture est donc essentielle.
- Ils peuvent être fournis seuls ou mélangés avec…
- Des composés systémiques (tableau 4.2) comprenant : (a) les phénylamides (métalaxyl et bénalaxyl), qui sont depuis longtemps largement disponible et dont le rapport coût/efficacité est élevé [1], et (b) plus récemment les fongicides à base d’AAC (groupe H5) comme le diméthomorphe et le mandipropamide.
- Vérifiez que la pulvérisation d’un pesticide en vaut la peine. Assurez-vous :
- que l’infestation dépasse un seuil d’action approprié
- qu’il n’est pas trop tard pour pulvériser (c.-à-d. que les dégâts ne sont pas déjà trop importants – comme dans le cas de cette attaque sévère de pourriture noire P. megakarya).
- Dans le cas d’infestations comme celle-ci, la seule mesure de lutte efficace serait de retirer et de détruire les cabosses infestées et de les enterrer dès que possible, afin de minimiser la libération de spores.
- La santé des sols et la bonne gestion générale des récoltes sont essentielles. Les sols contiennent des nutriments pour les cacaoyers mais peuvent également abriter l’agent pathogène. Les sols ayant beaucoup de matière organique et un bon drainage aident à prévenir l’expansion de l’inoculum dans les flaques d’eau.
- L’hyperparasite Trichoderma asperellum semble être l’agent de contrôle le plus prometteur trouvé jusqu’à présent. Il était autrefois disponible dans le commerce en Afrique de l’Ouest, mais il ne semble plus être commercialisé.
- Des chancres peuvent se développer sur les branches et le tronc principal lorsque l’infection se produit à travers les tiges des cabosses ou à partir du sol à la base du tronc. Les tissus malades doivent être raclés et traités avec un fongicide avant que l’infection ne tue la branche ou le tronci [2].
- En Asie du Sud-Est, les chancres du tronc dus à Phytophthora spp ont été traités avec succès par l’injection dans les troncs de phosphonate de potassium.