5.2 À quoi correspondent les LMR ?
Les résidus de pesticides dans les cultures sont surveillés en référence aux limites maximales de résidus (LMR) d’après la persistance de la quantité d’un IA donné dans des échantillons de produits alimentaires. La LMR pour une combinaison culture/IA donnée est habituellement déterminée par une mesure durant plusieurs essais en champ (de l’ordre de 10) durant lesquels la culture a été traitée conformément aux BPA après un délai avant la récolte approprié (voir la section 5.8). Pour de nombreux pesticides toutefois, la valeur est fixée au seuil de détermination (SdD) – car seules les principales cultures ont fait l’objet d’évaluations et le concept de DJA n’est pas totalement compris (en d’autres termes, les producteurs ou des organismes publics n’ont pas soumis de données qui se rapportent à la LMR – souvent parce que ces données n’étaient pas requises dans le passé). Le SdD peut être considéré comme une mesure de la présence/de l’absence d’un composé, mais il est possible que des résidus réels ne soient pas quantifiables à des teneurs très basses. C’est la raison pour laquelle on préfère souvent utiliser le seuil de quantification (SdQ, qui correspond généralement à environ 2 fois le SdD). D’autres informations utiles sur les limites de détection sont fournies par la Commission européenne [1].
Il en découle que l’adoption de BPA à l’échelon de l’exploitation agricole, y compris en particulier le retrait des pesticides obsolètes, doit représenter une priorité. Le matériel de détection est de plus en plus sensible et une quantité donnée de résidus sera souvent mesurable après l’application d’un pesticide en champ. Dans le contexte réglementaire actuel, il serait judicieux de la part des cacaoculteurs de se concentrer sur des agents antiparasitaires dont l’utilisation est autorisée dans les principaux pays importateurs.
(Photos : Jean Ponce Assi, SACO-CHOCODI)
À noter que les LMR sont déterminées sur la base d’observations et non de la DJA, et il est également généralement admis que les LMR sous-estimeraient considérablement les niveaux réels d’ingestion de résidus. Les études relatives aux LMR sont effectuées après plusieurs années de développement initial, et il est fort peu probable qu’une société agrochimique les réaliserait (même pour obtenir l’homologation du produit) si les études toxicologiques soulevaient des préoccupations sérieuses quant à l’innocuité d’un nouveau composé.